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Ayant quasiment donné son nom à l'ensemble de la plate-forme, il
paraissait logiquement que nous commencions par vous parler du Socket T.
Chez Intel, le Socket T désigne un Socket capable d'accepter un composant
au format LGA et disposant de 775 contacts. Le LGA signifie Land Grid
Array et induit comme principe de base le déport des pins et des
éléments de contacts du chip vers le Socket. Cependant, il ne faut pas
imaginer que le format LGA est une innovation d'Intel. Il existe en effet
depuis bien longtemps comme on peut le voir sur le petit montage à
l'échelle que nous vous avons réalisé :

Comme on le voit ici, Sun utilise cette technologie depuis maintenant
quasiment 10 ans sur ses UltraSparc. Ainsi, l'Ultra Sparc II, sorti en
1997, utilisait déjà un format LGA à 787 pins, soit plus que le Pentium 4
d'Intel aujourd'hui. Il s'agit maintenant de comprendre les raisons qui
ont poussé Intel à abandonner le traditionnel format PGA utilisé depuis le
386 pour ce format LGA, encore inconnu dans le monde des PCs. En fait, les
trois raisons majeures sont assez simples à comprendre. La première, c'est
bien sûr la densité de connecteur possible avec le LGA. En voyant un
Athlon 64 sur Socket 939, on comprend clairement qu'on arrive à une limite
en terme de densité et de fiabilité au niveau de la connectique. Intel
ayant d'ailleurs considéré que mettre plus de 700 pins sur un CPU de la
taille d'un Pentium 4 exigeait des contraintes techniques trop
importantes.
Ensuite, le LGA a été choisi pour ses caractéristiques électriques plus
performantes que le PGA et donc mieux à même de supporter de très hautes
fréquences. Les liaisons avec le PCB étant plus courtes et générant moins
de résistances qu'avec un PGA. Dernier élément de motivation, beaucoup
plus pragmatique, la pression des grands constructeurs. En effet, Dell et
Cie encourageaient grandement Intel a adopter le LGA pour une raison très
simple : Le placement des CPUs sur les cartes mères peut maintenant être
automatisé sur la chaîne de production, ce qui n'était pas le cas des
µPGA478.
Avant de parler plus en détail du connecteur LGA, voyons comment les
processeur LGA775 en boite seront fournis :
 
Un cache de plastique sera fixé sur le processeur afin de ne pas
endommager les quelques condensateurs qui se trouvent au dos. De la même
façon, les cartes mères du commerce seront vendues avec un petit cache en
plastique sur le Socket T afin de protéger celui-ci lors des transports.
Voici donc à quoi ressemble le Socket LGA, fermé, lorsqu'on retire le
cache en plastique :

On voit clairement ici les pins qui feront contact avec le LGA du
processeur. Afin de mieux vous familiarisez avec ce nouveau Socket, nous
avons pris quelques photos de l'installation du CPU afin de mieux
comprendre le fonctionnement du Socket. Voyons ça :
 
 
On referme le support métallique On remet le levier en position initiale
Une mise en place somme toutes très simple qui présente certains
avantages. En effet, tout testeur a déjà eu droit à l'expérience
frustrante du CPU collé au radiateur lorsqu'on tente d'ôter celui-ci. Que
ce soit sur Athlon 64 ou sur Pentium 4, le processeur "vient" parfois avec
le dissipateur au risque de casser plusieurs pins. Fini donc avec le LGA.
Lors du CeBIT, nous avions constaté (ainsi que tous nos confrères) que
la majorité des Socket LGA des carte-mères de démonstration étaient
détruits. Bien que peu de chose repartent en état de fonctionnement aprés
un salon comme le CeBIT, ceci n'augurait pas une fiabilité à tout epreuve.
Bref, bien que partant sur de trés mauvais a-prioris sur ce nouveau
Socket, force est de constater qu'aprés de nombreuses manipulations,
celui-ci est toujours en place et qu'il n'est pas si evident que ça de
plier quelques pins du Socket, à moins, bien sur, de le vouloir
intentionnellment.
Dés lors que des précausions de bases sont prises (Ne retirer les
caches en plastique que lors du placement du CPU), ce nouveau socket nous
parait au moins aussi fiable que les pins du Pentium 4 sur Socket 478.
Bien que cette impression ne ressorte qu'aprés deux semaines de tests et
reste à vérifier par la pratique, le Socket T ne semble donc pas être la
catastrophe annoncée.
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